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L'équipe des Halles

** Interview de l'équipe par Marion - Julien, directeur

April 22, 2026

Enquelques mots, le théâtre des halles c’est….

Un espace d’accueil et de création pour les arts de la scène et un lieu de vie culturelle pour la population sierroise et valaisanne…voici la réponse officielle.

Et pour moi,c’est un lieu d’effervescence culturelle. J’adore cet endroit donc je ne suis pas objectif ! D’abord je suis comédien et j’ai voulu postuler ici pour devenir directeur,  car je trouve que cet endroit est hyper important pour le canton du Valais. C'est un lieu où l'on permet aux artistes de créer des spectacles, sans censure, et d’avoir des espaces adaptés à cet exercice avec les 2 salles et le labo. C’est un des seuls lieux pour moi qui offre cette qualité d’accueil. J'ai voulu diriger ce théâtre  pour que ça ne disparaisse pas, pour laisser cette liberté d’expression aux artistes  !

 

Le plus important dans ton métier c’est…..

La relation avec les gens, avec l’équipe du théâtre, mais aussi avec les artistes et les spectateurs. Le plus important dans mon job c’est d’avoir une qualité de relation avec tout le monde, que tout se passe bien et que chacun-e puisse faire son travail, que les spectateurs-trices puissent voir un spectacle dans de bonnes conditions et que les artistes puissent travailler dans de bonnes conditions. Le plus important c’est que toutes ces relations fonctionnent bien.

 

Qu’est-ce que tu changerais si tu le pouvais dans ton travail ?

J’aimerais avoir une plus grande équipe ! Parce qu’on est une petite équipe multitâche et je trouverais tellement bien que chacun-e puisse travailler seulement dans son domaine d’expertise et de compétences. C’est vrai que la petite équipe permet de fonctionner plus facilement, car chacun se connaît bien et on a appris à travailler ensemble, mais cela demande d’être très clair sur les différentes tâches, c’est la raison pour laquelle nous faisons beaucoup de séances ensemble pour clarifier qui fait quoi et vérifier ainsi que personne ne soit lésé.

 

Pourquo iinclure tout le monde… pourquoi l’inclusion est importante pour toi ?

Ça me paraît être une évidence, parce que je pense qu’on est dans un lieu public et que tout le monde doit pouvoir accéder à un lieu public, tout le monde fait partie de la société. Je pense qu’il n’y a pas de différence entre les uns et les autres. Ça me paraît essentiel en tant que lieu public d’être un exemple, de montrer comment faire pour que tout le monde puisse venir. J'ai la certitude que ce qu’on fait ici va faire bouger les lignes à l’extérieur. Je suis  persuadé que les mesures qui ont été mises en place ici sont importantes, notamment le bar tenu par l’association des jeunes sourds du Valais. Certaines personnes qui sont venues se sont rendues compte dela réalité d’être un jeune sourd et de devoir utiliser la langue des signes. Jecrois beaucoup en la force de ces petits pas qui font bouger les choses.

Et finalement je suis quelqu’un d’assez libre, j’aime la liberté et pouvoir faire ce que je veux, alors ça m’est insupportable de penser être limité. Donc si l'on peut mettre en place des choses pour empêcher ce sentiment de non-liberté de certaines personnes, il faut le faire.

 

Quelspectacle rêves-tu de présenter aux Halles ?

Tous les spectacles que je présente ici sont des spectacles que j’ai rêvés à un moment donné. Je vaisvoir beaucoup de spectacles, à Genève, à Avignon, l’été je me déplace à la Biennale de danse à Venise, au Luxembourg et en Belgique…. je pense que je vaisvoir entre 150 et 200 spectacles par année, et je reçois entre 1500 et 2000 dossiers d’artistes. Donc entre tous ces dossiers et les spectacles que je vais voir je choisis ceux qui me font le plus rêver. Et ici je ne présente que des spectacles qui me font vibrer. C’est une chance de pouvoir travailler ici, car ce n’est pas un théâtre très spécifique, donc je peux présenter tous mes coups de cœur dans des genres très différents.

J’ai quand même 2 spectacles que je rêve de faire venir, mais je n’ai pas le budget ni l’espace. Il s’agit de George de Molière, présenté par une compagnie belge, la clinique orgasmique, qui reprend cette pièce avec énormément de liberté et c'est très très drôle.

Et de la plus grande chorégraphe au monde, Anne Teresa de Keersmaekers  qui est venue présenter,  il y a quelques années ici la pièce Rosas. Actuellement, elle propose un spectacle sur le thème de la liberté avec 15danseurs-ses dans lequel on vit plein d’émotions.

 

Raconte-nous une de tes journées ...

Laquelle je doischoisir ? (rire)

Toutes mes journées sont différentes, mais très souvent je viens ici le matin et la première chose que je fais c’est un biscuit pour mon chien Théo ainsi il est content de venir, un café pour moi, puis je trie mes e-mails et je décide des sujets sur lesquels je vais me pencher. Ensuite je signe tous les contrats, les factures, etc. et après très souvent j’ai une séance hebdomadaire avec les différents secteurs du théâtre. Je discute de la médiation, de l’ administration, de la billetterie, de la communication, du bar et de l’accueil et de l’aspect technique, puis nous avons les séances d’équipe où nous mettons en commun toutes les informations. Puis je réponds aux artistes, j’ai à cœur de répondre à tout le monde même si les réponses sont négatives. J’ai également des séances avec les artistes que j’ai choisis notamment pour des créations, car je choisis sur dossier et j’ai besoin de poser des questions pour bien comprendre le projet pour décider si cette création a sa place dans notre programmation. Le soir je vais voir desspectacles un peu partout en Suisse-Romande. J'ai choisi de ne pas travailler à 100% pour pouvoir faire d’autres choses à côté, je fais du sport, je mets en scène des spectacles et je donne des cours à la HES.

 

Un livre, un film ou un spectacle que tu aimerais faire connaître ?

Un livre de science-fiction des années soixante que j’adore : Le mur invisible de Marlen Haushofer.

 

Quelle formation as-tu suivie ?

J’ai fait l’ECG en section sociale à Martigny, puis j’ai fait la HES à Sierre pour devenir éducateur spécialisé. Ensuite pour réaliser mon rêve de devenir comédien, j’aipassé tous les concours des écoles de théâtre pendant une année et j’ai été pris à la Manufacture de Lausanne (Haute école des arts de la scène) et j’ai fait mon Bachelor de comédien.

 

Quelle question aimerais-tu qu’on te pose ?

Je ne sais pas. Pas celle-là en tout cas (rire)….elle est bien en tout cas ! Ah je sais : où aimerais-tu habiter ? Dans une grande ville et continuer de travailler au Théâtre Les Halles. Moi j’adore les grandes villes, je rêve de vivre à Paris, à New-York ou à Tokyo parce que j’adore quand ça bouge dans tous les sens, et comme moi je réfléchis un peu trop, j’adore inventer des choses et créer des idées. Quand je suis en Valais, j’arrête pas de me dire : « j’aimerais faire ci ou ça,… »  Quand je suis dans une grande ville, à Paris par exemple, comme il y a tout, mon cerveau se calme, car si je veux aller au cinéma et qu’il est 8h du matin et bien je peux aller. Si je veux manger un steak au poivre à 3h du matin je peux, du coup pour mon cerveau tout est accessible et je n’ai pas besoin d’inventer.

 

Photo Samuel Devantéry

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